Bouclier fiscal : le Grand Conseil ouvre la voie à une action en responsabilité contre le Conseil d’État de l’époque sur l’initiative des Vert·e·s
Le Grand Conseil vaudois a largement accepté ce jour la motion de notre députée Ariane Morin, exigeant l’ouverture d’une procédure d’examen préliminaire sur la responsabilité patrimoniale des membres du Conseil d’État dans l’affaire du bouclier fiscal. Les Vert·e·s se réjouissent du signal donné : quand l’État subit un dommage du fait de ses propres autorités, le parlement a le devoir d’en tirer les conséquences.
Déposée en janvier 2026, la motion s’appuie sur un constat désormais chiffré : l’application illégale du bouclier fiscal entre 2009 et 2021 a occasionné une perte évaluée à CHF 202 millions, selon les propres déclarations du Conseil d’État lors de sa conférence de presse du 3 juin. Ce montant, soit près de CHF 15 millions perdus chaque année, est celui que l’immense majorité des contribuables vaudois·es qui n’ont, eux, jamais bénéficié d’un régime de faveur, sont en droit d’exiger que l’on cherche à recouvrer.
Sur la base des articles 15 et 16 de la loi sur la responsabilité de l’État (LRECA), la motion mandate la désignation d’une commission spéciale chargée d’examiner si les conditions d’une action civile sont réunies, d’entendre les personnes concernées et de rendre un préavis au Grand Conseil. Cette commission n’a rien d’une CEP ni d’une COGES : sa mission est strictement délimitée à la question de la réparation du dommage subi par l’État, indépendamment des procédures pénales ou du contrôle politique en cours.
Face aux arguments de la droite, qui a tenté de repousser cet examen au motif que d’autres procédures sont en cours ou que le dommage serait difficile à établir, les Vert·e·s rappellent que le Conseil d’État lui-même a reconnu l’absence de tout flux migratoire net négatif depuis la modification du bouclier fiscal en 2022, écartant ainsi l’argument d’un exil fiscal qui aurait pu compenser la perte.
Les Vert·e·s sont satisfait·e·s de constater que la majorité du Parlement a accepté que les responsabilités éventuelles soient examinées jusqu’au bout. Ancien chef du Département des finances, Pascal Broulis a incarné pendant des années la politique fiscale vaudoise et défendu le mécanisme du bouclier fiscal devant la population. Il aurait été dès lors incompréhensible que son rôle ne puisse pas être examiné dans une affaire ayant causé une perte massive pour les finances cantonales.
Les Vert·e·s saluent donc la prise en considération de la motion. Dans un dossier d’une telle gravité, la confiance dans les institutions exige que les responsabilités éventuelles soient examinées jusqu’au bout, sans protection politique.