Votations du 27 septembre 2026 : les Vert·e·s vaudois·es disent NON à la neutralité isolationniste, à l’initiative alimentaire inapplicable et au cadeau fiscal de 12%
Réuni·e·s en comité le 24 juin, les Vert·e·s vaudois·es ont adopté leurs recommandations de vote pour les scrutins fédéral et cantonal du 27 septembre 2026. Le Mouvement appelle à voter NON à l’unanimité à l’initiative fédérale « Sauvegarder la neutralité suisse », NON à l’initiative fédérale sur l’alimentation, et NON, à l’unanimité, à l’initiative cantonale « Baisse d’impôts pour tous » (12%), un cadeau fiscal aux plus riches qui menace les prestations publiques.
NON à l’initiative sur la neutralité : une définition qui désarme la Suisse face aux violations du droit international
La neutralité suisse est déjà solidement ancrée dans la Constitution, aux articles 173 et 185, qui permettent au Conseil fédéral et à l’Assemblée fédérale de garantir la sécurité extérieure du pays tout en préservant sa marge de manœuvre diplomatique. L’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse » veut graver dans le marbre une neutralité « perpétuelle et armée », qui interdirait à la Suisse toute alliance militaire ou défensive, sauf en cas d’attaque directe, et lui interdirait de prendre des mesures coercitives non militaires contre un État belligérant.
Cette définition rigide priverait la Suisse de la capacité d’agir pour défendre le droit international et de sanctionner les États qui le violent. Elle transformerait un principe de politique étrangère, jusqu’ici adapté aux circonstances par les autorités fédérales, en carcan constitutionnel, au moment même où la capacité de médiation et l’engagement multilatéral de la Suisse sont les plus utiles.
« La neutralité n’a jamais empêché la Suisse d’agir pour la paix et le droit international, elle en a toujours été l’instrument. Cette initiative fait l’inverse : elle nous lie les mains au moment où le monde a besoin d’une Suisse capable de sanctionner les violations du droit international et de jouer pleinement son rôle de médiatrice. »
Léonore Porchet, conseillère nationale
NON à l’initiative sur l’alimentation : de bons objectifs, un texte inapplicable
L’initiative sur l’alimentation porte des objectifs que les Vert·e·s peuvent soutenir sur le principe : la conservation des écosystèmes et de la biodiversité, ainsi que le respect de valeurs limites pour le phosphore et les composés azotés, essentiels à la qualité des eaux et à la fertilité des sols. Le Mouvement partage pleinement ces préoccupations environnementales.
Le texte impose toutefois un taux d’autosuffisance alimentaire nette d’au moins 70%, contre 45% actuellement, calqué sur une situation comparable à une période de guerre, alors même que les ressources nécessaires à cette production devraient continuer d’être importées. Cette contradiction, combinée à un délai de mise en œuvre de dix ans et à des exigences difficilement réalisables sur les variétés de plantes reproductibles, rend le texte inapplicable en l’état.
L’initiative n’a par ailleurs recueilli aucun soutien construit au Parlement, où le contre-projet a été rejeté, ni de large alliance avec les organisations environnementales. Porter une initiative aussi isolée et inaboutie desservirait la cause écologiste sans faire avancer la protection des sols et de la biodiversité, deux combats que les Vert·e·s continueront de mener par des voies plus efficaces.
NON à l’initiative « 12% » : un cadeau fiscal aux plus riches financé par des coupes dans les prestations publiques
Présentée par ses initiant·e·s comme une baisse d’impôts pour toutes et tous, l’initiative 12% organise en réalité un cadeau fiscal de près de 300 millions de francs, capté avant tout par les très hauts revenus et les grandes fortunes. Sur les 100 millions de baisse de l’impôt sur la fortune, 85% iraient aux 10% les plus fortunés, tandis que 70% des Vaudois·es n’en verraient pas la couleur. Sur l’impôt sur le revenu, la baisse réelle proposée n’est que de 5%, puisque 7% ont déjà été accordés par le Grand Conseil, et près des trois quarts de ce reliquat profiteraient au quart des contribuables les mieux payés.
Lancée en 2022 dans un contexte budgétaire très différent, l’initiative ignore la réalité actuelle des finances cantonales, déficitaires depuis trois ans. Priver l’État de 300 millions de francs dès 2027 revient à mettre en danger le financement des transports publics, de la santé, de l’accueil de l’enfance ou des mesures climatiques, sans qu’aucune piste de financement alternative ne soit avancée par les initiant·e·s.
Une personne salariée touchant 450’000 francs par année profiterait d’une baisse d’impôt de 5’100 francs, quand une famille avec deux enfants devrait se contenter de 260 francs. Cette initiative aggraverait les inégalités déjà croissantes dans le canton de Vaud, au bénéfice d’une minorité de contribuables privilégié·e·s.