Une loi cantonale sur l’énergie à défendre

Pour les Vert·e·s, la transition énergétique ne se décrète pas simplement, elle se planifie et s’organise. Le projet de loi sur l’énergie (LVLEne), porté par le conseiller d’Etat Vert Vassilis Venizelos et actuellement sur la table du Grand Conseil, constitue une avancée majeure.

«Nous étions satisfait·es du projet ambitieux présenté par le Gouvernement, et nous le restons globalement face à la version issue des travaux de commission, qui a permis un large consensus sur les buts mêmes de la loi», a rappelé Kilian Duggan, député au Grand Conseil. Il a toutefois mis en garde : «Nous serons attentifs·ves aux velléités de détricoter la loi en plénum. Cette base légale doit entrer rapidement en vigueur pour permettre à tous les acteur·trices de travailler ensemble et atteindre l’objectif central de réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.»

Chaque ferme compte: un avenir paysan plutôt que l’agro-industrie

En Suisse, 2,5 fermes disparaissent chaque jour. Avec elles, c’est un morceau de notre autonomie alimentaire qui s’effrite. Pourtant, chaque ferme compte pour nourrir la population, protéger les sols, garantir des emplois et renforcer notre résilience face aux crises climatiques et géopolitiques. Notre canton doit renforcer sa capacité à produire localement et durablement.

Face aux dégâts liés à l’agro-industrie (concentration des terres, destruction du tissu rural, gaspillage alimentaire, appauvrissement de la qualité nutritionnelle et fragilisation de notre autonomie alimentaire), le Mouvement exige un moratoire sur la disparition des fermes, la création d’un fonds cantonal de transmission et  la limitation de la taille des exploitations. Les Vert·e·s porteront aussi les revendications paysannes garantissant un meilleur accès à la terre pour les jeunes paysan·ne·s, les néoruraux et les démarches collectives, condition essentielle au renouvellement des générations.

«Chaque exploitation sauvée, c’est une part de souveraineté alimentaire, de biodiversité, d’emplois et de résilience climatique qui est préservée», a déclaré Géraldine Dubuis, députée au Grand Conseil.

Une économie circulaire pour renforcer la résilience vaudoise

À quelques semaines de la votation sur l’initiative “Sauvons le Mormont” et son contre-projet, les Vert·e·s rappellent que cette victoire en faveur de la biodiversité s’inscrit dans une démarche plus large que le seul secteur de la construction.

«L’économie circulaire, ce n’est pas un concept flou, mais une approche scientifique et pragmatique qui crée des emplois locaux et dynamise notre tissu économique», a souligné Jean-Valentin de Saussure, vice-président des Vert·e·s vaudois·es et député.

Depuis l’initiative fédérale pour une économie verte en 2016 jusqu’aux travaux actuels sur la révision de la Loi sur la protection de l’environnement (LPrPNP), les Vert·e·s défendent une vision cohérente : favoriser la réparation, la réutilisation et le recyclage. Le Mouvement s’engage à contribuer à renforcer la législation cantonale, notamment via la Loi sur la gestion des déchets (LGD) et l’intégration de critères de durabilité dans les marchés publics.

Refus de l’austérité: ne sacrifions pas la santé et la formation !

L’été a été marqué par des annonces de coupes budgétaires dans des secteurs essentiels. Toutefois, pour les Vert·e·s, ni la santé ni la formation ne peuvent être des variables d’ajustement.

«Supprimer des prestations de santé, c’est priver chacun·e de ce qui est vital», a dénoncé Gaëlle Valterio, coprésidente des Jeunes Vert·exs Vaud. Elle rappelle que la Constitution vaudoise elle-même mesure la force de la communauté au bien-être de ses membres les plus vulnérables.

L’accès aux soins doit être universel et équitable, y compris sur le plan géographique. Dans les régions périphériques, les patient·e·s en fin de vie ne peuvent décemment être contraint·es de faire plus d’une heure de route pour accéder à des soins spécialisés de qualité. «On ne peut pas sacrifier la santé des Vaudois·es vivant à la campagne sur l’autel d’un système centralisé», a insisté Gaëlle Valterio.

De plus, les coûts à long terme du non-accès aux soins dépassent largement les prétendues économies à court terme: un·e patient·e qui retarde sa visite chez le médecin, faute de moyens, voit son état s’aggraver, entraînant des traitements bien plus lourds et coûteux pour la collectivité. Pour les Vert·e·s, il est urgent de revaloriser les métiers de la santé et de lever les barrières à la formation, par exemple en supprimant le numerus clausus dans ce domaine.

Concernant la formation, les Vert·e·s rappellent que ce domaine doit être considéré comme un investissement dans la société et non comme une simple dépense. En affaiblissant l’éducation, le Conseil d’Etat réduit la capacité des futures générations à relever les défis démocratiques, sociaux et environnementaux qui s’annoncent. Gaëlle Valterio a mis en garde: « La suppression de 24 millions par an au budget de l’Université de Lausanne (UNIL), en plus des coupes fédérales dans les hautes écoles, met en péril la qualité et l’accessibilité de notre système éducatif. Pour preuve, si elle entraîne une augmentation des taxes d’études, l’égalité des chances des étudiant·es vaudois·es serait profondément mise à mal. Réduire ce financement, c’est affaiblir la cohésion sociale et la démocratie. »

Pour des finances publiques responsables, pas sacrifiées

Les conséquences des premières baisses fiscales se font déjà ressentir. Depuis 2022, elles représentent 200 millions de pertes annuelles, tandis que 800 millions de coupes sont prévues à l’horizon 2026. La situation dans laquelle se trouve le Conseil d’État est donc la conséquence directe de ces coupes.

«Nous refusons que certaines politiques publiques soient considérées comme sacrifiables par facilité. Les subventions en faveur de la transition énergétique et de la biodiversité, qui représentent moins de 1% du budget cantonal mais font souvent les frais des coupes, doivent au contraire être renforcées», a affirmé Kilian Duggan.

Le Mouvement propose des alternatives concrètes: assouplissement du frein à l’endettement, planification financière sur plusieurs exercices, révision de la fiscalité des personnes physiques en faveur de la classe moyenne ou encore dépenses anticycliques.

Pour une politique économique tournée vers l’avenir

La vision des Vert·e·s vaudois·es dépasse les frontières cantonales et s’ancre dans les enjeux européens et globaux.

«Il ne faut pas céder à la tentation d’un repli anti-écologie. Les investissements déjà réalisés dans la transition doivent être consolidés, et l’avenir économique du canton doit s’ancrer dans la durabilité et le multilatéralisme», a déclaré Sophie Michaud Gigon, conseillère nationale. Elle a rappelé l’importance de la diversification des débouchés pour les PME vaudoises, notamment en renforçant les liens économiques avec le continent européen, alors que les relations avec les États-Unis se révèlent instables.

Sophie Michaud Gigon a également insisté sur la nécessité de renforcer l’indépendance numérique de la Suisse : «Notre économie et nos administrations publiques dépendent encore trop largement d’infrastructures étrangères. Il est urgent de développer des alternatives souveraines en Europe, en soutenant les PME innovantes et les infrastructures locales.» Elle a par ailleurs plaidé pour le maintien d’un filet de sécurité à court terme, par exemple via l’adaptation du délai-cadre des RHT, afin de préserver les entreprises exportatrices et l’emploi. Enfin, elle a défendu l’élaboration d’une véritable stratégie industrielle vaudoise et suisse, capable de préserver les savoir-faire tout en accélérant la transition vers un modèle économique résilient et respectueux des limites planétaires.

Jean-Valentin de Saussure, a complété cette vision en soulignant l’urgence d’une nouvelle orientation de la politique économique cantonale. «La révision prochaine de la LADE/PADE doit permettre de renforcer les PME vaudoises et d’accorder les soutiens financiers uniquement selon des critères de durabilité. Le canton doit s’assurer que chaque franc investi contribue à la transition écologique et sociale», a-t-il affirmé.

Pour les Vert·e·s, les finances publiques doivent aussi être un levier de transformation. Le Mouvement propose plusieurs mesures concrètes, dont l’introduction d’un green budgeting, permettant de classifier les dépenses selon leur impact climatique, et la suppression progressive des subventions climaticides, en particulier dans les infrastructures routières et certains allégements fiscaux. Des instruments incitatifs comme une défiscalisation partielle des investissements des entreprises dans la décarbonation, ainsi qu’une révision de la loi sur les marchés publics donneraient davantage de poids aux critères environnementaux et sociaux. Ces différentes mesures feront l’objet de dépôts au Grand Conseil dans les semaines à venir.

Enfin, la souveraineté numérique est un sujet crucial. La dépendance actuelle aux clouds américains est une stratégie dangereuse. Le canton de Vaud devrait s’inspirer de modèles comme celui du Land de Schleswig-Holstein en Allemagne, qui a migré son administration vers des logiciels open source.

Pour les Vert·e·s, la numérisation ne doit pas être synonyme de vulnérabilité, mais un outil au service d’une économie durable et résiliente.