Fruit de plus d’un an de travail parlementaire et de compromis construits patiemment au Grand Conseil, la loi vaudoise sur l’énergie est la plus ambitieuse de tous les cantons suisses. Elle sonne le glas des chauffages fossiles, demande de couvrir les nouvelles toitures de panneaux solaires, engage le canton sur la voie de la souveraineté énergétique et protège les locataires contre la répercussion des coûts de rénovation sur les loyers. Pour accompagner sa mise en oeuvre, plus de 800 millions de francs de subventions publiques sont mobilisés. Ce n’est pas une loi idéologique comme l’a affirmé l’UDC lors de sa campagne : c’est une réponse concrète, négociée et largement consensuelle aux engagements climatiques que le canton s’est lui-même fixés.

Face à ce texte, comme à son habitude, l’UDC a choisi la caricature. Agitant la menace d’une facture insoutenable pour les ménages, le parti agrarien a lancé seul une campagne référendaire construite sur des arguments fallacieux, reprenant les éléments de langage des lobbies pétroliers et gaziers. Toutefois, les propriétaires vaudois·es n’ont pas voulu être instrumentalisé·e·s dans ce combat d’arrière-garde : ils·elles savent que des travaux de rénovation énergétique sont un investissement, pas une punition, d’autant que l’État leur tend la main avec des subventions substantielles. Les Vaudoises et les Vaudois ont été plus intelligent·e·s que ce que l’UDC pensait.

Ce fiasco référendaire illustre les limites d’une politique de la peur déconnectée des réalités. L’UDC se prévaut d’être la voix du peuple. Or, elle vient de démontrer qu’elle n’était même pas capable de mobiliser suffisamment de soutiens pour soumettre un texte au vote. Thématiser ne suffit pas : encore faut-il que la cause soit juste, et que la population y croie.

L’UDC prétend représenter les Vaudoises et les Vaudois : elle vient de se prendre une gifle magistrale de leur part. Les arguments fallacieux des lobbies fossiles n’ont pas trouvé preneur, et c’est une très bonne nouvelle pour le climat, pour le porte-monnaie des locataires et pour la souveraineté énergétique de notre canton.
Rebecca Joly, Présidente et députée des Vert·e·s vaudois·es

Ce résultat souligne aussi, une fois de plus, la pertinence d’avoir des écologistes au Grand Conseil et au Conseil d’État pour défendre des politiques climatiques ambitieuses. La LVLEne est d’ailleurs le fruit du travail tenace du conseiller d’État Vassilis Venizelos, qui a porté ce projet de loi pendant deux ans au service de tous les Vaudois et de toutes les Vaudoises. Les Vert·e·s demandent maintenant au Conseil d’État de tout mettre en oeuvre pour que cette loi entre en vigueur sans délai.