Bouclier fiscal: 202 millions de pertes, la loi contournée même après 2022
Les Vert·e·s vaudois·es prennent acte de la publication des audits menés par le Contrôle cantonal des finances concernant l’application du bouclier fiscal. Les chiffres publiés aujourd’hui sont accablants : 202 millions de francs de pertes théoriques liées à 13 années de mauvaise application entre 2009 et 2021, soit environ 15,5 millions par an. Cette perte colossale a systématiquement bénéficié aux contribuables les plus riches, tandis que 99% de la population en payait le prix. Les Vert·e·s demandent des clarifications sur les responsabilités politiques de cette période et exigent que les noms de ceux qui savaient et n’ont rien fait soient explicitement mentionnés, en particulier celui de Pascal Broulis qui supervisait la Direction générale de la fiscalité.
La communication du Conseil d’Etat de ce jour confirme des pertes colossales liées à une mauvaise application du bouclier fiscal qui sont estimées à 202 millions, alors même que le Conseil d’Etat a longtemps prétendu qu’il était impossible de chiffrer ces pertes. Les Vert·e·s attendent maintenant de connaître les responsabilités politiques de ces erreurs.
Il faut toutefois souligner que le rapport du Contrôle cantonal des finances conclut à l’absence de dysfonctionnements systémiques au sein de la Direction générale de la fiscalité et confirme que les routines de taxation sont correctement exécutées. Ce diagnostic positif sur le travail de la DGF doit être mis en évidence et c’est une bonne nouvelle pour la confiance dans nos institutions fiscales.
Reste que l’opacité qui a entouré cette affaire pendant 13 ans, puis les tentatives récentes de contournement légal, demandent des réponses et une désignation des responsabilités.
La situation depuis 2022 est très différente : la loi a changé et elle a été appliquée correctement dans un premier temps avant que certain·e·s contribuables aisés se plaignent directement à la ministre en charge à l’époque et qu’elle décide de revenir en arrière de manière contraire à la loi. Mme Dittli n’est ainsi pas du tout la redresseuse de tort qu’elle prétend être.