Mobilité : Va-t-on finir par centraliser le savoir-faire local ?
Les élections communales permettent, tous les cinq ans, de mettre le projecteur sur les nombreux projets locaux qui foisonnent au sein de nos communes. Un intérêt évident tant les sujets discutés, traités – et parfois critiqués – à l’échelle de son quartier, de sa ville ou de sa région sont essentiels à la vie de chacune et chacun.
Il s’agit d’ailleurs là de l’une des forces du système politique suisse : s’assurer que les questions et les différentes problématiques soient traitées au niveau géographique qui leur convient le mieux, du niveau communal pour ce qui implique une certaine proximité au niveau national pour ce qui couvre les intérêts du pays dans son ensemble.
Ce raisonnement se retrouve notamment en matière de mobilité. Qui de mieux que la commune pour connaître les spécificités de son territoire et adapter les voies d’accès ou de transport en fonction. De la même manière, il appartient évidemment aux communes de protéger la santé et la sécurité de leur population, ce qui passe dans ce domaine par la recherche d’une mobilité plus apaisée, moins individuelle et au bilan moins carboné. Pourtant, depuis quelques temps, certaines voix politiques ne se contentent plus de critiquer les projets réalisés au niveau communal en matière de mobilité, mais cherchent tout simplement à ôter les compétences locales dans le but de centraliser le tout à un niveau cantonal, voire fédéral. La tentative actuellement à l’étude de durcir les conditions du 30 km/h en ville dans la législation fédéral, afin de rendre toute limitation de vitesse subsidiaire à la pose préalable de revêtements phono absorbants coûteux, en est l’exemple le plus parlant : voyant de nombreux centres urbains, villes comme villages, décider de faire passer l’essentiel de leurs tronçons à 30 km/h en raison des nombreux avantages qui en découlent en termes de sécurité et de réduction des nuisances sonores, les quelques opposant·e·s ont simplement choisi de réduire les compétences locales. Afin de formaliser, au niveau fédéral, la « liberté » pour les véhicules de plus d’une tonne de débouler à tombeaux ouverts devant écoles et magasins, vrombissant de leur moteur et crissant de leurs pneus.
Les Vert·e·s, tout comme l’Union des villes suisses, l’ATE ou encore le bpa, se sont évidemment formellement opposé·e·s à de telles restrictions dictées au niveau fédéral. Il reste toutefois essentiel, dans les débats communaux, de toujours rappeler l’importance du « bon sens local » en matière de mobilité et le fait que, avant toute chose, il est impératif d’offrir à sa population des routes et ruelles sécurisées, calmes et apaisées, que ce soit par la piétonisation ou – là où la voiture resterait encore utile – une vitesse tempérée dans l’intérêt de toutes et tous.