Rapport Meylan: Mme Dittli doit désormais prendre ses responsabilités
Les Vert·e·s vaudois·es ont pris connaissance ce jour du rapport de M. Meylan, mandaté par le Conseil d’État au sujet de l’attribution de mandats à Me Mathey dans le cadre du règlement d’un conflit impliquant Mme Dittli. Les éléments relevés dans ce rapport sont extrêmement graves. Ils confirment, sur le fond, les conclusions déjà publiées par la DELSURV en début d’année. Cet énième rapport apporte une nouvelle pierre à une affaire qui n’a que trop duré. Le canton de Vaud mérite mieux que des responsables politiques qui donnent le sentiment de placer leurs intérêts personnels avant l’intérêt public et celui des Vaudoises et des Vaudois.
La méthode Dittli
Les 35 pages du rapport Meylan confirment la manière dont Mme Dittli semble concevoir sa fonction, comme la DELSURV l’avait déjà relevé en janvier : informations tronquées, décisions individuelles, confusion entre intérêt public et intérêt privé.
Le rapport met également en lumière des transactions financières effectuées soit sans justification suffisante, soit sur la base de justifications trompeuses. Ces éléments sont d’une gravité particulière et pourraient très vraisemblablement relever d’infractions pénales. Il appartiendra évidemment aux autorités compétentes d’établir les responsabilités, mais le Conseil d’État ne peut pas rester passif face à de tels constats.
Mme Dittli a, de manière répétée, tenu ses collègues du gouvernement à l’écart d’informations essentielles concernant le déroulement de la négociation transactionnelle. Cette manière de procéder est en contradiction complète avec les principes de collégialité, mais aussi avec l’obligation d’information au sein du Conseil d’État. Un gouvernement ne peut fonctionner que si ses membres disposent d’une information complète, loyale et transparente, en particulier lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de l’État.
Ce qui apparaît dans ce rapport n’est donc pas seulement une succession d’erreurs administratives. C’est une méthode de gouvernement solitaire, opaque et profondément problématique. Ces agissements, qui s’ajoutent à ceux déjà mis en lumière par d’autres rapports, notamment le rapport Studer et celui de la DELSURV, démontrent une incapacité persistante de Mme Dittli à endosser pleinement le costume de Conseillère d’État.
Le rapport laisse également apparaître une forme de mise sous pression de membres de l’administration. Plusieurs cadres se sont ainsi retrouvés placés dans des conflits de loyauté inacceptables. Une Conseillère d’État a pourtant la responsabilité de protéger son administration, non de l’exposer. Elle doit créer les conditions d’un fonctionnement loyal, sécurisé et conforme à l’intérêt public. Sur ce point également, les éléments du rapport Meylan sont particulièrement préoccupants.
Comment continuer à gouverner?
Avec ces nouvelles révélations, qui s’ajoutent aux nombreux rapports ayant déjà mis en évidence des manquements de Mme Dittli à différents niveaux de la gestion de son département et de son rôle de Conseillère d’État, on ne voit pas comment le Conseil d’État pourrait continuer à fonctionner normalement.
Le lien de confiance était déjà fortement fragilisé. Le contenu de cet accord secret achève de le briser. Or, sans confiance réciproque, une collaboration saine au sein d’un collège gouvernemental devient impossible. La collégialité n’est pas une formule abstraite. Elle suppose une information loyale, une responsabilité partagée et la capacité de défendre ensemble les intérêts de l’État. Lorsque ces principes sont durablement rompus, c’est l’ensemble du fonctionnement institutionnel qui se trouve atteint.
Le Conseil d’État doit désormais prendre immédiatement toutes les mesures utiles pour protéger l’intégrité de ses collaboratrices et collaborateurs, mais aussi pour garantir la défense des intérêts de l’État. Cela implique notamment le dépôt d’une plainte pénale ou, à tout le moins, la transmission sans délai aux autorités compétentes de tous les éléments susceptibles de relever du pénal dans le rapport Meylan.
Il ne suffit plus de prendre acte, de regretter ou d’annoncer de nouvelles vérifications. Face à la gravité des faits décrits, le gouvernement doit agir sans délai. Il en va de la crédibilité, déjà écornée, des institutions cantonales, de la protection de l’administration et du respect dû aux citoyennes et citoyens vaudois.
Une seule issue: la démission
Par ce rapport, Mme Dittli achève de démontrer qu’elle ne dispose plus des qualités nécessaires pour assumer la lourde et importante fonction de Conseillère d’État.
La question n’est plus seulement celle d’une erreur, d’un mauvais jugement ou d’un épisode mal maîtrisé. La question est désormais celle de la confiance politique, institutionnelle et humaine. Cette confiance est rompue.
Une Conseillère d’État ne peut pas durablement gouverner contre son propre collège, dans l’opacité, en exposant son administration et en donnant le sentiment que les intérêts de l’État passent après les siens. La fonction exige de la rigueur, de la loyauté, de la transparence et un sens aigu de l’intérêt public.
Si, comme elle le répète souvent, Mme Dittli souhaite réellement rendre service à notre canton, elle doit désormais prendre ses responsabilités et démissionner dans les meilleurs délais.