Loi sur l’énergie: des ambitions confirmées, des moyens insuffisants

Le vote en 3ème débat de la LVEne a permis ce jour de clore un long processus, avec des discussions en commission qui ont duré près d’une année et un débat en plénum qui aura occupé le Parlement pendant plusieurs journées. Les Vert·e·s se réjouissent que cette loi améliore les dispositions actuelles, actant notamment la fin des chauffages à énergies fossiles, un développement renforcé du photovoltaïque avec une obligation de couverture optimale des toitures de nouveaux bâtiments ou lors de rénovations d’envergure, des incitations au développement de l’électromobilité ou encore l’assainissement des « passoires énergétiques » de plus de 750m2.

Ils·elles regrettent cependant que, malgré l’important travail de la commission chargée d’étudier le texte, laquelle était parvenue à des compromis intéressants et constructifs, la droite de l’hémicycle se soit employée à détricoter certaines dispositions pourtant importantes. Parmi celles-ci, il est particulièrement dommageable que les bâtiments énergivores de moins de 750m2 ne doivent plus faire l’objet de rénovations énergétiques, ce alors même qu’un consensus semblait avoir été trouvé pour limiter ces rénovations obligatoires au cas de passation de propriété, voire de vente. Le retour par la fenêtre des chauffages électriques que le Parlement avait décidé de faire sortir par la porte en 2023 a quant à lui pu heureusement être évité, malgré des tentatives de certains députés.

Cette nouvelle loi représente donc aujourd’hui un premier pas pour que le Canton se mette sur les rails de la durabilité et de l’indépendance énergétiques, malheureusement pas aussi concrètement et rapidement que ne l’auraient souhaité les Vert·e·s. Ainsi, les élu-e-s Vert-e-s seront attentifs aux effets de la mise en oeuvre de la loi et demanderont une évaluation rapidement afin d’analyser le besoin de la renforcer. L’objectif doit rester celui du Plan climat, soit la diminution de nos émissions de gaz à effet de serres et la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Les Vert·e·s appellent aujourd’hui l’ensemble des partis à la responsabilité. Les points jugés – à tort – problématiques par certains milieux économiques et immobiliers ayant été supprimés de la loi, le lancement d’un référendum ne reposerait aujourd’hui que sur une volonté de saboter purement et simplement les objectifs validés par la population vaudoise en matière de réduction des émissions de CO2 et de transition énergétique, dont l’urgence a une nouvelle fois été soulignée la semaine dernière avec la publication du bilan carbone cantonal. Ils·elles espèrent ainsi que toutes les forces politiques raisonnables refuseront un tel référendum, et s’engageront pour une entrée en vigueur rapide du texte.

Théophile Schenker

Député, membre de la commission thématique de l’environnement et de l’énergie