Résolution

La Suisse repose sur une diversité linguistique et culturelle, dont le Canton de Vaud est, de par sa population, le plus grand représentant de la partie francophone.

Les Vaudoises et Vaudois, et plus largement la Romandie, n’ont eu de cesse, ces dernières décennies, de renforcer la place de l’allemand dans les programmes scolaires.

Que ce soit par le biais d’un apprentissage précoce, d’échanges linguistiques ou encore par le renforcement des classes bilingues, les cantons de langue française ont cherché à valoriser la culture alémanique.

À l’inverse et de façon aussi curieuse qu’asymétrique, les coups de boutoir à l’endroit du français se sont renforcés Outre-Sarine. Plusieurs cantons alémaniques ont tenté et essayent encore de reléguer l’enseignement du français au degré secondaire, à l’image de Zürich, où une motion a été déposée en février au parlement cantonal.

Dans cette même lignée préoccupante pour la langue de Molière, la ville de Berne vient de renoncer à ses classes bilingues, mises pourtant en place en 2019 à la satisfaction des élèves et de leurs parents.

Cette tendance de fond affaiblit le dialogue interculturel, ralentit la mobilité professionnelle et menace la cohésion de notre pays multiculturel en agrandissant le fossé entre francophones et alémaniques.

Dans un contexte de repli, de clivages sociaux et politiques croissants, il est nécessaire de renforcer activement la promotion des langues nationales.

Les velléités alémaniques sont inquiétantes et il est de notre devoir, en tant que représentantes et représentants du plus grand canton francophone, de défendre notre langue et notre culture de façon unie, non pas dans notre seul intérêt mais dans celui du pays tout entier.

Dès lors et au vu de de l’effritement progressif de l’apprentissage des langues nationales en Suisse alémanique, les signataires de la présente résolution :

  • affirment leur soutien inconditionnel à l’enseignement du français
  • encouragent le Conseil d’État vaudois à promouvoir et à soutenir, en toute occasion et notamment lors des conférences intercantonales, l’enseignement du français, que ce soit par un apprentissage précoce, les échanges linguistiques ou encore l’ouverture de classes bilingues