Interpellation

En ces temps de pandémie, de nombreuses mesures ont été recommandées ou imposées, mettant à mal, dans de nombreux cas, les liens entre individus. En plus de la distance de sécurité, et l’interdiction et crainte des gestes affectifs (bise, poignée de main, étreinte), les contacts à distance ont été compliqués par des technologies à fiabilité inconstante.

Les points de vue en opposition entre ceux qui souffrent et / ou craignent la COVID-19 et ceux qui souffrent et/ou craignent des mesures choisies pour l’endiguer, avec toutes les nuances qui existent, se manifestent par des confrontations dans les lieux publics, sur la toile, tout comme dans l’espace privé, prenant des proportions à la hauteur de l’aspect émotionnel de cette problématique.

Le risque de renforcement de cette situation avec le temps est réel, avec, pour conséquence, de l’intolérance, de la violence croissante, voire un isolement, parfois collectif.

Une personne en détresse est difficilement en mesure de faire preuve d’empathie. Il est donc nécessaire qu’elle puisse se confier à un tiers bienveillant, qui ne la jugera pas ou qu’elle puisse s’accorder de l’auto-empathie.

Dans la situation de crise actuelle, la population a tout intérêt à développer ses capacités d’empathie et d’auto-empathie, de bienveillance et de tolérance, afin de prendre soin de soi et des autres. Une compréhension des mécanismes psychologiques dans le cadre des échanges sociaux (jugement, peur,…) mériterait d’être promue, afin d’anticiper et éviter des réactions contre-productives et enfermantes. Car, bientôt, espérons-le, les mesures sanitaires prescrites vont s’alléger, jusqu’à revenir à la normale, et chacun se positionnera sur les gestes qu’il est prêt à ré-accueillir dans son quotidien, apportant de nouvelles raisons sensibles d’entrer en confrontation, sans recommandations officielles pour les justifier.

Malgré l’importance manifeste de cette problématique, les questions touchant à l’intériorité sont toujours délicates, car il est difficile de percevoir comment l’État pourrait promouvoir des outils de développement personnel tout en respectant l’intégrité des individus. La présente interpellation s’intéresse donc à la transmission d’outils visant à prendre soin des liens entre individus et à veiller au bien-être les uns des autres, par une bonne compréhension des réflexes psychologiques, des besoins et des sentiments. Porter son attention sur ce qui se passe en soi lors d’un débat, par exemple, permet de prendre conscience de l’impact des mots, mais aussi de l’écoute de l’autre sur l’état intérieur.

En conséquence, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

1. Le Conseil d’État a-t-il, dans le cadre de la crise actuelle, encouragé ou prévu des actions pédagogiques dans le cadre scolaire visant à promouvoir le débat bienveillant et empathique, comme par exemple des journées de sensibilisation ou des ateliers sur cette thématiques ? Le cas échéant, lesquelles ?

2. Le Conseil d’État envisage-t-il que la promotion de la bienveillance et de l’empathie, au sein d’une organisation ou auprès de sa clientèle / de son public cible, puisse, dans des contextes à définir, devenir un critère d’octroi d’aides financières de la part de l’État ?

Sabine Glauser

Députée, Jura-Nord vaudois