Comptes 2025: de l’austérité fondée sur des prévisions erronées
Les Vert·e·s vaudois·es ont pris connaissance des résultats 2025 de l’Etat de Vaud. Les comptes présentent un déficit opérationnel de 156 millions, moindre que prévu. Ils démontrent que la solidité du tissu économique vaudois est en mesure d’assurer un développement cohérent des services à la population. Pour autant, ces comptes sont également marqués par l’impact des baisses fiscales, qui rendent la situation financière toujours préoccupante. Pour les Vert·e·s, ces résultats mettent aussi en lumière la sous-estimation répétée des recettes et les choix budgétaires qui en découlent.
Des comptes moins mauvais qu’annoncé
Comme pressenti, les comptes 2025 se révèlent moins mauvais qu’initialement prévu. La progression importante des revenus liés au bénéfice des entreprises confirme la bonne santé du tissu économique vaudois. Année après année, le même constat s’impose: le Canton sous-estime ses recettes fiscales, ce qui conduit ensuite à justifier des mesures d’économie qui ne se révèlent pas nécessaires. Pour les Vert·e·s, une sous-estimation de plus de 30 % des recettes fiscales du bénéfice des entreprises n’est pas admissible. Le Conseil d’État doit revoir en profondeur ses méthodes d’évaluation et de planification. Les Vert·e·s seront attentifs à ce que le Conseil d’État se fonde sur des évaluations réalistes avant d’envisager quelque mesure d’économie que ce soit.
La baisse d’impôt ne se paie pas toute seule
Du côté des personnes physiques, les comptes 2025 battent en brèche une idée trop souvent répétée par la droite: celle selon laquelle les baisses d’impôt finiraient par générer davantage de recettes. Malgré une conjoncture économique favorable et une croissance démographique continue, les recettes de l’impôt sur le revenu reculent de 3,5 %. Cette baisse suffit presque à expliquer, à elle seule, l’entier du déficit.
Pour les Vert·e·s, ce recul est le résultat direct des baisses fiscales décidées par la majorité de droite. Il confirme que ces choix affaiblissent les finances cantonales tout en profitant avant tout aux ménages les plus aisés. Dans ce contexte, une acceptation de l’initiative des 12 % compromettrait encore davantage la capacité du canton à répondre aux besoins de la population.
Des efforts sur les charges, pas un démantèlement des prestations
Les comptes 2025 montrent également que les mesures prises pour freiner la progression des charges produisent déjà des effets. Dans ce contexte, les Vert·e·s saluent l’assouplissement du frein à l’endettement voté par le Grand Conseil, qui permet de lisser dans le temps les ajustements nécessaires et d’éviter une politique de coupes brutales. Pour autant, ces résultats démontrent aussi qu’un retour à l’équilibre ne doit pas servir de prétexte à un démantèlement de l’État. Une meilleure évaluation des recettes, combinée à une confiance dans la robustesse de l’économie vaudoise, permettrait au contraire de préserver les prestations essentielles et de soutenir efficacement la population.
Les revenus de la BNS doivent être mieux intégrés à la planification
Alors qu’une seule tranche de bénéfices de la BNS avait été inscrite au budget, le canton en a finalement perçu trois, soit 126 millions de francs supplémentaires. Si ces revenus restent par nature incertains, ils contribuent régulièrement de manière significative aux revenus.
Les Vert·e·s estiment qu’ils doivent être mieux pris en compte dans l’élaboration budgétaire, au moyen d’un mécanisme d’équilibrage adapté, comme le propose Didier Lohri dans son postulat. Ignorer systématiquement ces recettes dans la planification contribue à noircir artificiellement les perspectives financières du canton.
Préserver les moyens d’agir face aux défis à venir
Les prochaines années s’annoncent exigeantes. La mise en œuvre des réformes dans le domaine des soins, les défis liés à la transition énergétique et les besoins croissants de la population imposent de garantir à l’État des ressources suffisantes et durables.
Pour les Vert·e·s, les comptes 2025 confirment qu’il est possible de regarder l’avenir avec sérieux, mais sans céder à une logique d’austérité. Des efforts importants ont déjà été réalisés en matière de maîtrise des charges. Toute baisse d’impôt supplémentaire mettra en péril notre capacité à répondre aux grands défis sociaux, sanitaires et climatiques du futur.