Si le bilan carbone du canton de Vaud, présenté par le Conseil d’État ce jour, fait état d’une baisse globale des émissions territoriales de gaz à effet de serre, l’heure n’est toutefois pas à la réjouissance: cette légère baisse est bien loin des objectifs fixés et ne suffira pas à atteindre l’engagement de réduire les émissions de 50% d’ici 2030 et à garantir la neutralité carbone d’ici 2050. Le Conseil d’État reconnaît lui-même qu’au rythme actuel, la baisse des émissions territoriales n’atteindra qu’environ 30% en 2030, au lieu des 50% visés.

Face à cette situation, il est grand temps de concrétiser les intentions. Intentions qui, rappelons-le, ont été largement plébiscitées par la population qui a émis l’exigence d’inscrire une baisse significative des impacts climatiques négatifs de la part de l’Etat et des communes en acceptant à près de 63% l’initiative populaire des Vert·e·s et Jeunes Vert·exs « Pour la protection du climat ». Plusieurs leviers existent et doivent être utilisés sans délai.

La loi vaudoise sur l’énergie (LVLEne) constitue un premier pas indispensable pour accélérer la décarbonation du parc bâti, principal moteur de la baisse observée dans le secteur des bâtiments. À la lumière de ce bilan carbone, il est une nouvelle fois évident qu’il serait particulièrement irresponsable qu’un référendum soit lancé par l’UDC contre cette loi, alors même que chaque année perdue éloigne un peu plus notre canton de ses objectifs climatiques.

La mise en œuvre annoncée de l’article constitutionnel sur l’économie circulaire, accepté par la population à près de 68% le 28 septembre dernier, doit également se concrétiser rapidement afin de réduire les émissions liées à la production, à la consommation et aux déchets. Les rapports de l’État de Vaud rappellent également que près de deux tiers des émissions imputables au canton sont générées hors du territoire, notamment par la consommation, l’alimentation importée et les vols aériens, ce qui renforce l’urgence de mettre en œuvre concrètement l’économie circulaire et des politiques d’utilisation plus rationnelle des ressources.

Dans le domaine des transports, secteur où les émissions augmentent encore, les solutions existent et peuvent produire des effets rapides. Le tram de l’ouest lausannois et le futur métro M3 constitueront un pas important, tout comme le développement nécessaire des facilités tarifaires dans les transports publics, malheureusement retardées par le budget 2026 malgré une forte mobilisation des Vert·e·s. Ces mesures doivent être renforcées, car la mobilité reste un domaine très émetteur, mais dans lequel des alternatives efficaces sont à portée de main.

Enfin, les Vert·e·s rappellent l’urgence de s’attaquer aux subventions nuisibles au climat et d’introduire une véritable logique de comptabilité climatique (green budgeting), qui reste encore l’un des angles morts actuels, dans les finances cantonales. Des dépôts au Grand Conseil seront faits dans ce sens, pour mieux orienter les arbitrages budgétaires selon leur impact sur le climat ou la biodiversité.

Ce bilan carbone montre que nous allons dans la bonne direction, mais beaucoup trop lentement. Trois ans après le vote populaire de 2023, le canton n’est pas sur la trajectoire qui permettra d’atteindre ses objectifs climatiques. Il faut maintenant accélérer clairement la mise en œuvre des mesures, sans quoi nous manquerons définitivement nos engagements.
Rebecca Joly, Présidente des Vert·e·s vaudois·es

À quelques semaines des élections communales, ce bilan constitue également un rappel indispensable: les collectivités locales jouent un rôle clef dans la mise en œuvre des politiques climatiques, qu’il s’agisse de mobilité, d’aménagement du territoire ou encore d’énergie. L’acceptation, au niveau fédéral, du fonds climat est également une étape essentielle pour donner les moyens aux collectivités d’accélérer la transition.

Plus que jamais, il est essentiel d’élire des personnes conscientes de l’ampleur et de l’importance des défis climatiques et de l’écart qui nous sépare encore des objectifs fixés. Les Vert·e·s sont les plus à même de porter cette responsabilité et d’agir avec la détermination que la situation exige.