30 km/h: les Vert·e·s vaudois·es demandent des faits, pas des impressions
Les Vert·e·s vaudois·es ont déposé un postulat au Grand Conseil pour mesurer les impacts réels du 30 km/h, en particulier de nuit, sur le sommeil et la santé de la population. Alors que certaines communes envisagent d’étendre ces limitations tandis que d’autres souhaitent les restreindre, le Mouvement écologiste estime que le canton doit pouvoir s’appuyer sur des données scientifiques solides plutôt que sur des impressions pour guider les décisions en matière de mobilité et de santé.
Depuis 2021, la Ville de Lausanne fait figure de pionnière en Suisse avec l’introduction du 30 km/h nocturne sur une large part de son réseau routier. Parallèlement, plus de la moitié des communes vaudoises ont instauré des zones 30 km/h. Si ces mesures suscitent des prises de position tranchées, elles offrent surtout l’opportunité d’évaluer, sur des bases scientifiques, leurs effets concrets sur la santé de la population.
Le canton de Vaud dispose déjà de plusieurs études et données sur le bruit routier, la qualité du sommeil et la santé de la population. On peut citer en particulier l’étude CoLaus, une étude longitudinale de grande ampleur sur la santé de plus de 6’000 participant·e·s représentatif·ves de la population lausannoise, complétée par l’étude HypnoLaus centrée sur la qualité du sommeil. L’Enquête suisse sur la Santé recueille également des informations détaillées relatives au sommeil et à la santé sur un échantillon représentatif de la population vaudoise.
Le postulat déposé par notre députée Yolanda Müller Chabloz demande au Conseil d’État de présenter un rapport au Grand Conseil portant sur l’impact réel du 30 km/h et du 30 km/h de nuit sur le sommeil et la santé. L’objectif est de croiser ces données scientifiques avec l’extension progressive des limitations de vitesse pour mesurer objectivement l’évolution de la qualité du sommeil, les éventuelles répercussions sur la santé physique et mentale, ainsi que les bénéfices en matière de réduction du bruit routier.
Pour les Vert·e·s, il ne s’agit pas d’opposer mobilité et santé, mais d’éclairer les décisions publiques par des données fiables, quantifiables et transparentes. À l’heure où le débat sur les zones 30 km/h est polarisé sur la base d’opinions tranchées, et souvent largement émotionnel, le recours à une approche scientifique apparaît d’autant plus nécessaire. Ce postulat vise donc à doter le canton d’outils de décision solides, basés sur l’expérience concrète des communes qui ont déjà franchi le pas.