La population suisse aime beaucoup voyager en avion. Elle parcourt en moyenne 9000 kilomètres par an dans les airs, soit deux fois plus que nos voisins. Cependant, il est important de se rappeler que chaque voyage en avion a un impact significatif sur le climat. Par exemple, pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés, il est recommandé que chaque personne n’émette pas plus de 600 kg d’équivalent CO2 par an. Cette quantité correspond à un vol aller-retour Zurich-Madrid. Un voyage à New York, en revanche, dépasse ce « budget carbone » de quatre fois.

L’impact des voyages en avion est souvent sous-estimé. En effet, les émissions liées aux vols internationaux ne sont pas toujours comptabilisées dans les chiffres officiels. De plus, l’effet climatique des émissions d’un avion va au-delà du seul CO2. Un avion émet également de la vapeur d’eau, des oxydes d’azote, du dioxyde de soufre et de la suie, qui forment des traînées de condensation à haute altitude, contribuant à un réchauffement supplémentaire. Selon les experts, il est conseillé de multiplier par trois les émissions de CO2 pour obtenir une estimation plus précise de l’impact total.

Bien que le secteur aéronautique travaille sur des technologies plus écologiques, comme les avions à hydrogène ou les carburants « durables » (SAF), ces solutions ne seront pas disponibles à grande échelle avant 10 à 20 ans.

Alors, que pouvons-nous faire en attendant?

Chacun de nous peut réfléchir à ses habitudes de voyage et envisager des alternatives plus respectueuses du climat lorsque c’est possible. Voici quelques pistes pour réduire notre impact tout en continuant à voyager et explorer:

  • Privilégier les voyages en train ou en bus : pour les trajets courts ou les voyages en Europe, le train est une excellente alternative. Il est non seulement plus écologique, mais il permet aussi de profiter du paysage et de voyager de manière plus relaxante. Pour des trajets moyens, le bus est également une option abordable.
  • Réduire la fréquence des vols : si possible, voyager moins souvent en avion en regroupant plusieurs destinations dans un même voyage ou en favorisant des séjours plus longs plutôt que de multiplier les allers-retours.
  • Voyager localement : explorer des destinations proches de chez soi. La Suisse et ses environs offrent une richesse de paysages, de cultures et d’expériences accessibles en transport terrestre.
  • Voyager lentement : adopter une approche de voyage plus durable, prendre le temps de découvrir une région en profondeur, à pied, à vélo, à dos d’âne ou à cheval.

En attendant que les solutions technologiques pour des vols plus propres soient disponibles, chaque geste compte. Réfléchir à nos choix de transport, soutenir les innovations et privilégier des alternatives plus respectueuses de l’environnement nous permet de continuer à voyager tout en réduisant notre impact sur le climat.