Les récents débats de la loi sur l’énergie ont montré une fois encore une dure réalité : les majorités au Grand Conseil sont très fragiles, et ce malgré des compromis longuement négocié en commission (ici pendant près d’une année de travaux !). Une fois au plénum, tout est à refaire, et les votes se jouent parfois à une ou deux absences de plus d’un côté ou de l’autre.
Or, nous constatons qu’il y a plus fréquemment des absences de gauche. Ce serait toutefois trop simple, voire de mauvaise fois que de blâmer les individus, alors que le problème vient du système.

Le système de milice sans suppléance que nous connaissons dans le canton est dans ce contexte hautement inégalitaire. En effet, il privilégie un type de député, historiquement seuls détenteurs de cette charge, soit les hommes, la cinquantaine ou plus, avec une profession libérale très bien rémunérée. Ces députés sont encore largement majoritaire à droite. La diversification des profils au sein de la députation : avec plus de femmes, plus de jeunes et plus de personnes employées, met en lumière les limites du système.

Car alors être présent·e tous les mardis sans exception n’est plus aussi simple. Un enfant malade, une réunion obligatoire au travail, une absence en cas de naissance (rien que dans le groupe des Vert-e-s, nous avons accueilli 7 naissances pendant cette législature !) et un vote peut être perdu. Et c’est évidemment à gauche que nous avons le plus de personnes jeunes, de femmes, et de parents. 

Un système de suppléance, comme dans les autres cantons romands, permettrait de combler ce manque et de faire en sorte que l’assemblée qui vote représente effectivement l’assemblée élue, ce qui correspond au système démocratique. Ce n’est pas l’assiduité des député·e·s de gauche qu’il faut remettre en question, mais bien un système qui continue à pénaliser l’engagement citoyen des travailleuses, des jeunes et des familles.