Un budget, oui. Mais pas n’importe lequel
Le débat sur le budget 2026 le rappelle avec force: un budget n’est pas un simple exercice comptable. C’est un acte politique qui exprime une vision de la société – ou son absence. Derrière chaque coupe, chaque dépense, il y a des choix: quelles prestations maintenir, lesquelles réduire, et à qui l’on demande de faire un effort.
Le projet du Conseil d’État repose sur une logique claire : agir presque exclusivement sur les dépenses, en épargnant les recettes. Concrètement, cela signifie des coupes dans la fonction publique, des réductions de subventions dans la santé, le social, l’accueil de jour, ainsi qu’une pression accrue sur les communes et les institutions partenaires. Ce budget est, une fois de plus, largement construit sur le dos de la classe moyenne et des usagères et usagers des services publics.
On invoque l’«efficience» pour justifier cette trajectoire. Nous ne contestons ni la nécessité de gérer avec rigueur, ni l’importance d’améliorer les processus. Mais l’illusion de pouvoir faire toujours plus avec toujours moins a atteint ses limites: au bout de la chaîne, ce sont des prestations qui se dégradent et des équipes qui s’épuisent.
Les Vert·e·s défendent une autre approche. La question centrale n’est pas «plus ou moins d’État», mais quel État voulons-nous, pour qui, et avec quels moyens. L’État n’a pas d’actionnaires à rémunérer: chaque franc d’impôt est réinjecté dans l’économie réelle, sous forme de salaires, de mandats à des PME, de soutien au tissu social, culturel et agricole. Refuser par principe toute réflexion sur les recettes, en particulier du côté des grandes fortunes, revient à faire un choix: préserver les plus riches et faire payer la différence par la classe moyenne et les services publics.
C’est pourquoi nous sommes entré·e·s en matière sur ce projet de budget. Cette entrée en matière n’a qu’un seul objectif: obtenir un budget qui protège les prestations essentielles, prépare la transition écologique et répartit plus équitablement l’effort demandé à la population.
Nous attendons le résultat des débats d’ici au 17 décembre pour évaluer, en fonction de l’équilibre trouvé, notre soutien.