«Dans la force de l’échec, tu entreras!» Erin (Yoda) Brockovich
L’échec n’est jamais un moment que l’on choisit. Je viens de le traverser, comme notre parti à l’échelle du canton. Et pourtant, il fait intimement partie de notre histoire politique. Parce que chacune de nos avancées s’est construite sur des revers, des moments où tout semblait vaciller. Parce que nos combats sont profondément complexes.
Ce moment, même difficile, est précieux car il met en mouvement plusieurs dynamiques. Je l’aborde sous quatre prismes.
Primo, l’apprentissage.
L’échec active nos connaissances. En les approfondissant, notre compréhension du monde devient plus fine, plus ancrée, plus solide. C’est là que se prépare la suite.
Deuxio, la transformation.
L’échec porte une énergie paradoxale : chercher encore des solutions, sortir de nos zones de confort, là où nos certitudes ne suffisent plus. C’est un passage exigeant, parfois inconfortable, mais fécond. Subi, il enferme. Accueilli, il transforme.
Troisio, la mise en mouvement.
Non pas en renonçant à nos fondements, mais en renouvelant notre manière de les incarner. Il s’agit peut-être de construire un nouveau récit, plus proche des réalités vécues, sans diluer nos convictions écologiques et sociales.
Quarto, la vulnérabilité.
Ce moment nous expose. Et pour nous, femmes en politique, cette exposition a encore un poids particulier. Mais c’est aussi là que naît une force, plus lucide, plus collective (et bigre on devient puissante après ça).
Et puis, en terminant sur la vulnérabilité, et en assumant mon côté cinéphile, il y a quelque chose de profondément attachant dans celles et ceux qui tombent… et se relèvent. Pensons à Erin Brockovich, Bridget Jones, Olive Hoover (Little Miss Sunshine), Billy Elliot. Tous ces parcours rappellent une chose simple : les trajectoires non linéaires sont les plus humaines.
Bref, nous sommes Erin (and co), et à la fin… Erin gagne.