Pourquoi continuer à lutter pour les droits des femmes en 2026 ? Parce qu’en Suisse, toutes les deux semaines, une femme est tuée par son (ex-)partenaire ou un homme de son entourage. Parce qu’elles gagnent encore en moyenne 18 % de moins que les hommes pour un travail comparable. Parce qu’elles restent largement sous-représentées dans les postes de pouvoir et en politique : dans le canton de Vaud, elles n’occupent que 30 % des sièges élus. Ainsi, malgré quelques progrès, la majorité des décisions politiques reste entre les mains des hommes.

C’est là que l’écoféminisme apporte une perspective essentielle. Ce courant considère qu’il existe des similitudes et des causes communes entre les systèmes de domination des femmes par les hommes et les systèmes de surexploitation de la nature par les humains, entraînant dérèglement climatique et destruction des écosystèmes. En conséquence, protéger la planète nécessite de repenser simultanément les relations entre les genres et celles entre les humains et la nature.

L’écoféminisme contemporain insiste également sur le croisement des oppressions : il critique le patriarcat-capitaliste, l’exploitation systémique des corps minorisés — et spécifiquement des femmes —, la mainmise sur la fertilité des sols et des utérus, la dévalorisation du care et la dépossession d’un certain pouvoir spirituel des femmes au profit de structures patriarcales. Cette approche politique refuse de dissocier écologie, justice sociale et égalité des genres : on ne peut pas protéger la planète sans améliorer la vie de toutes les personnes qui l’habitent, et on ne peut pas bâtir une société juste si la moitié de la population reste discriminée.

L’écoféminisme c’est aussi un levier concret, en particulier, pour la santé publique. Les femmes sont souvent les premières exposées aux pollutions domestiques, alimentaires et environnementales, et leurs conditions de vie influencent directement le bien-être de leurs familles et de leurs communautés. Des politiques locales qui combinent égalité et écologie signifient moins de pesticides, plus d’espaces verts, des transports propres et accessibles, des logements salubres et des conditions de travail équitables. Ce sont autant de mesures qui protègent la santé de toutes et tous.

À l’échelle communale, il existe des solutions concrètes : instaurer des budgets intégrant le principe d’égalité (gender budgeting), viser la parité à tous les niveaux de l’administration communale ou encore renforcer les services de prévention et d’accompagnement des victimes de violences et garantir des infrastructures publiques qui répondent aux besoins de toutes et tous. 

À quelques jours des élections communales vaudoises, notre engagement est donc indispensable car rappelons-le : le local est la force des Vert·e·s. Notre mouvement progressiste, que nous portons toutes et tous, permet d’inventer des solutions solidaires et innovantes. Renforcer la représentation politique des femmes, c’est aussi réparer une injustice démocratique en enrichissant, en plus, le débat avec des perspectives intégrant écologie, social et santé.

Parce que l’égalité n’est pas un luxe, parce que la planète et la santé de ses habitant·e·s ne se protègeront pas sans justice, et parce que la démocratie n’est complète que si toutes les voix sont entendues, le 8 mars doit dépasser le hashtag : il doit se traduire en participation accrue à la vie politique, en transformation des espaces de pouvoir et en mesures concrètes pour construire des communes plus durables, inclusives et équitables.

Dimanche, votons pour une écologie qui respecte la vie — humaine et non humaine — pour une santé préservée, et pour une démocratie qui ne laisse personne de côté. Plus de Vertes doivent être au cœur des décisions locales : c’est la condition d’une société juste et vivable pour toutes et tous.