Le 8 mars prochain, nous serons amené·e·s à voter sur l’initiative «200 francs, ça suffit». Mais ne nous y trompons pas : si l’initiative de la droite dure laisse transparaître des motivations purement financières, elle cache en réalité un combat idéologique contre la SSR et ses programmes supposément orientés.

L’objectif des initiant·e·s est ainsi de réduire les missions de la SSR et d’en transférer une partie à de grands groupes privés, avec les résultats désastreux que l’on connaît en France avec le groupe Bolloré ou aux États-Unis avec Fox News. Les grands groupes privés ne sont en effet pas soumis aux mêmes exigences de neutralité selon la loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV), ce qui induit des biais évidents dans l’information transmise.
 
À titre d’exemple, la SSR a l’obligation, selon la loi, d’assurer la cohésion nationale et de valoriser les différentes cultures qui incarnent notre pays. Les cantons latins bénéficient ainsi de la péréquation financière propre aux contenus radio et télédiffusés. Dans un contexte de remise en question de l’enseignement du français outre-Sarine, un affaiblissement de la RTS reviendrait à renforcer le mouvement hostile à la langue de Molière.
 
Enfin, sans un apport financier suffisant, il est évident que notre chaîne nationale ne pourra que diminuer la qualité de ses prestations. La suppression de 900 postes à la SSR et l’économie de 270 millions sur trois ans sont d’ailleurs des conséquences directes de la baisse de la redevance déjà annoncée à 300 francs. Si la baisse atteignait 200 francs, les conséquences pour notre média public seraient encore plus drastiques.
 
Les Vert·e·s appellent à refuser cette initiative dangereuse pour la cohésion nationale ainsi que le service public et s’engageront donc pleinement pour assurer au plus grand nombre une information de qualité.