14 juin 2026 : les Vert·e·s vaudois·es disent OUI au salaire minimum et NON aux deux initiatives de démantèlement
Réuni·e·s en comité le 27 avril, les Vert·e·s vaudois·es ont adopté à l’unanimité leurs recommandations de vote pour les scrutins cantonal et fédéral du 14 juin 2026. Le Mouvement appelle à voter OUI aux deux initiatives sur le salaire minimum cantonal et NON au contre-projet du Conseil d’État, trop lacunaire pour être crédible. Sur le plan fédéral, les Vert·e·s s’opposent sans détour à l’initiative xénophobe de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions » et soutiennent le référendum contre le démantèlement du service civil.
OUI au salaire minimum cantonal, NON au contre-projet
Le 14 juin, les Vaudois·es seront appelé·e·s à se prononcer sur deux initiatives populaires en faveur d’un salaire minimum cantonal de 23 CHF/h, indexé sur l’IPC, ainsi que sur un contre-projet législatif du Conseil d’État. Les Vert·e·s appellent à voter OUI à l’initiative constitutionnelle, OUI à l’initiative législative et NON au contre-projet, avec préférence à l’initiative en cas de double acceptation.
Le contre-projet du Conseil d’État est un salaire minimum pour presque personne : il exclut les moins de 25 ans travaillant pendant leurs vacances, les travailleur·euses sur appel, et surtout tous les secteurs couverts par des conventions collectives et des contrats-type, soit une large partie des domaines à bas salaires. Les deux initiatives, elles, ciblent juste : lutter contre la précarité de travailleuses et de travailleurs qui, malgré un emploi, ne peuvent pas vivre dignement de leur salaire. Aujourd’hui, c’est l’État qui compense cette précarité par les prestations sociales, permettant à certains employeurs de s’enrichir sur le dos de la collectivité.
NON à l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » : de la xénophobie emballée dans du vert
L’initiative de l’UDC impose un plafond de 10 millions d’habitant·e·s d’ici 2050 et prévoit, dans ses dispositions transitoires, de durcir massivement l’asile et de bloquer le regroupement familial dès que la population dépasse 9,5 millions. Elle cible explicitement les personnes admises à titre provisoire et menace de remettre en cause la libre circulation avec l’Union européenne, les accords bilatéraux et des conventions internationales de droits humains. L’habillage environnemental du texte est un prétexte : l’UDC, qui n’a pas voté en faveur d’une seule mesure environnementale au Parlement, n’a aucune crédibilité sur ce terrain.
Les conséquences économiques seraient lourdes, en particulier pour le canton de Vaud dont la prospérité dépend largement de la main-d’œuvre étrangère. Le secteur de la santé est particulièrement exposé : environ 50% des médecins et 40 à 45% des infirmières et infirmiers sont de nationalité étrangère. Les régions frontalières, la construction, la restauration et l’agriculture seraient également frappées de plein fouet.
NON à la loi sur le service civil : ne pas casser ce qui fonctionne
Le référendum contre la révision de la loi sur le service civil, largement porté par les Jeunes Vert·exs, mérite le soutien de toute la population. La loi attaquée introduit six mesures cumulatives visant à décourager le passage de l’armée au service civil : minimum de 150 jours imposé indépendamment des obligations restantes, facteur de conversion de 1,5 appliqué à tous sans exception, exclusion des profils médicaux, suppression du droit au passage une fois les jours militaires accomplis. Résultat : 230’000 jours de service civil perdus chaque année dans des domaines déjà sous tension, le social, la santé et l’éducation représentant à eux seuls plus de 80% des missions effectuées.
L’argument sécuritaire avancé par la droite ne tient pas : l’armée compte aujourd’hui 147’000 militaires pour un objectif fixé à 100’000 et un plafond de 140’000. Les projections démographiques indiquent même un surplus dans les années à venir. Les principales menaces auxquelles notre société est confrontée sont climatiques, sanitaires et sociales. Le service civil y répond directement. La loi soumise au référendum sacrifie un outil qui fonctionne sur l’autel d’une idéologie dépassée.