OUI au salaire minimum cantonal, NON au contre-projet

Le 14 juin, les Vaudois·es seront appelé·e·s à se prononcer sur deux initiatives populaires en faveur d’un salaire minimum cantonal de 23 CHF/h, indexé sur l’IPC, ainsi que sur un contre-projet législatif du Conseil d’État. Les Vert·e·s appellent à voter OUI à l’initiative constitutionnelle, OUI à l’initiative législative et NON au contre-projet, avec préférence à l’initiative en cas de double acceptation.

Le contre-projet du Conseil d’État est un salaire minimum pour presque personne : il exclut les moins de 25 ans travaillant pendant leurs vacances, les travailleur·euses sur appel, et surtout tous les secteurs couverts par des conventions collectives et des contrats-type, soit une large partie des domaines à bas salaires. Les deux initiatives, elles, ciblent juste : lutter contre la précarité de travailleuses et de travailleurs qui, malgré un emploi, ne peuvent pas vivre dignement de leur salaire. Aujourd’hui, c’est l’État qui compense cette précarité par les prestations sociales, permettant à certains employeurs de s’enrichir sur le dos de la collectivité.

Le salaire minimum, c’est une mesure sociale élémentaire, pas un débat idéologique. Des gens travaillent à plein temps dans notre canton et ne gagnent pas de quoi vivre. Le contre-projet du Conseil d’État est une coquille vide, truffée d’exceptions qui vident l’outil de toute sa substance. Le 14 juin, les Vaudois·es ont la chance de voter pour quelque chose qui changera concrètement la vie de milliers de personnes.
Rebecca Joly, Députée et Présidente des Vert·e·s vaudois·es

NON à l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » : de la xénophobie emballée dans du vert

L’initiative de l’UDC impose un plafond de 10 millions d’habitant·e·s d’ici 2050 et prévoit, dans ses dispositions transitoires, de durcir massivement l’asile et de bloquer le regroupement familial dès que la population dépasse 9,5 millions. Elle cible explicitement les personnes admises à titre provisoire et menace de remettre en cause la libre circulation avec l’Union européenne, les accords bilatéraux et des conventions internationales de droits humains. L’habillage environnemental du texte est un prétexte : l’UDC, qui n’a pas voté en faveur d’une seule mesure environnementale au Parlement, n’a aucune crédibilité sur ce terrain.

Les conséquences économiques seraient lourdes, en particulier pour le canton de Vaud dont la prospérité dépend largement de la main-d’œuvre étrangère. Le secteur de la santé est particulièrement exposé : environ 50% des médecins et 40 à 45% des infirmières et infirmiers sont de nationalité étrangère. Les régions frontalières, la construction, la restauration et l’agriculture seraient également frappées de plein fouet.

Cette initiative n’a de durable que son titre. L’UDC instrumentalise l’argumentation écologiste pour faire passer une mesure qui vise en réalité à exclure des personnes étrangères et à isoler la Suisse de l’Europe. Ce n’est pas notre vision de la durabilité. Nous, nous cherchons de vraies solutions aux vrais problèmes : le dumping salarial, la pression sur le logement, l’accès aux soins. Le 14 juin, dire NON à cette initiative, c’est défendre une Suisse ouverte et solidaire.
Quentin Wenger, co-président des Jeunes Vert·exs Vaud

NON à la loi sur le service civil : ne pas casser ce qui fonctionne

Le référendum contre la révision de la loi sur le service civil, largement porté par les Jeunes Vert·exs, mérite le soutien de toute la population. La loi attaquée introduit six mesures cumulatives visant à décourager le passage de l’armée au service civil : minimum de 150 jours imposé indépendamment des obligations restantes, facteur de conversion de 1,5 appliqué à tous sans exception, exclusion des profils médicaux, suppression du droit au passage une fois les jours militaires accomplis. Résultat : 230’000 jours de service civil perdus chaque année dans des domaines déjà sous tension, le social, la santé et l’éducation représentant à eux seuls plus de 80% des missions effectuées.

L’argument sécuritaire avancé par la droite ne tient pas : l’armée compte aujourd’hui 147’000 militaires pour un objectif fixé à 100’000 et un plafond de 140’000. Les projections démographiques indiquent même un surplus dans les années à venir. Les principales menaces auxquelles notre société est confrontée sont climatiques, sanitaires et sociales. Le service civil y répond directement. La loi soumise au référendum sacrifie un outil qui fonctionne sur l’autel d’une idéologie dépassée.

Les Jeunes Vert·exs ont récolté des milliers de signatures pour que la population puisse se prononcer sur cette loi. Ce qu’elle détruit, c’est un système qui permet à des jeunes de servir leur communauté selon leurs convictions. Démanteler le service civil, c’est affaiblir les soins, l’éducation et le lien social, pour gagner des soldats dont l’armée n’a pas besoin.
Nathan Pidoux, Délégué des Jeunes Vert·exs au Bureau des Vert·e·s vaudois·es