Marchés publics: faire de la durabilité un avantage concurrentiel pour les entreprises vaudoises responsables
Les Vert·e·s vaudois·es ont déposé une motion au Grand Conseil pour intégrer un critère d’impact climatique dans la loi vaudoise sur les marchés publics. L’objectif est clair : faire des milliards de francs d’achats publics annuels un levier de transition écologique et favoriser les entreprises locales durables, aujourd’hui pénalisées par un système qui privilégie quasi uniquement le prix au détriment du climat et de l’économie vaudoise.
Aujourd’hui, le prix reste très largement le critère déterminant dans la majorité des adjudications publiques. La durabilité est limitée à la détention de labels ou certifications, recommandée à seulement 5% dans le barème cantonal, sans prise en compte réelle de l’impact climatique sur le cycle de vie des produits ou services. Les conséquences sont visibles : des chantiers attribués à des entreprises situées à plusieurs centaines de kilomètres pour des différences de prix marginales, des mandats informatiques confiés outre-Atlantique alors que les compétences existent localement. Ces situations pénalisent directement les entreprises vaudoises qui investissent dans des processus sobres en carbone.
La motion déposée par notre député Jean-Valentin de Saussure propose d’intégrer un critère d’impact climatique dans la loi vaudoise sur les marchés publics, avec une pondération d’au moins 20%, mesuré selon des méthodes reconnues comme l’analyse de cycle de vie ou la norme ISO 14067. Cette approche n’est ni utopique ni inédite : la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Canton du Valais ont déjà franchi le pas en intégrant des critères climatiques ou des outils de calcul de bilan carbone dans leurs appels d’offres publics.
À l’heure où le Canton s’est engagé à réduire ses émissions de 50% d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, les marchés publics représentent plusieurs milliards de francs par année et constituent un levier stratégique majeur pour accompagner concrètement la transition écologique. Il est temps que l’État et les communes assument leur devoir d’exemplarité dans leurs choix d’achats et de mandats.