Une rentrée politique sous le thème du climat et de la biodiversité
De gauche à droite: Gaëlle Valterio, Jean-Valentin de Saussure, Rebecca Joly
Les Vert∙e∙s vaudois∙es présentaient ce matin leurs propositions d’action pour cette rentrée politique et parlementaire. Des propositions couvrant principalement les dangers naturels et la biodiversité. Pour tirer les leçons des crues du printemps et du début d’été et mieux nous en prémunir à l’avenir; pour débloquer l’immobilisme dans la mise en œuvre du vote vaudois sur la protection du climat de juin 2023, alors que rien n’a encore été fait en 1 an; et enfin, alors qu’il est beaucoup question de routes et de voiture en ce moment, pour demander une stratégie piétonne cantonale ainsi que la sécurisation des voies d’accès aux gymnases et aux écoles professionnelles.
Répondre au défi des crues par une réelle stratégie cantonale en matière de dangers naturels et un vaste programme de renaturalisation
Les crues du printemps et du début de l’été ont révélé la vulnérabilité du canton de Vaud aux inondations. Les Vert∙e∙s demandent donc au Conseil d’Etat une véritable stratégie en matière de dangers naturels, dont l’un des axes prioritaires devrait être l’accélération de la renaturalisation des cours d’eau. En effet, la trop grande canalisation de nos cours d’eau fait croître le danger de crues et la renaturalisation, tout en étant bénéfique à la nature et à la faune, est l’une des solutions les plus efficaces et les moins chères à long terme pour les éviter. Avec le réchauffement climatique, la situation vécue ces derniers mois se renouvellera plus fréquemment et intensément. Et au vu de nos finances, le Canton ne peut pas se permettre de se payer le prix de l’inaction.
Il ne s’agit, en outre, surtout pas de revenir en arrière sur les projets déjà décidés. En ce sens, la décision unilatérale prise en mai dernier par le Canton du Valais de revoir à la baisse la troisième correction du Rhône est préoccupante et les Vert∙e∙s, de concert avec leurs collègues valaisan∙ne∙s, s’assureront que leur gouvernement s’engage activement pour que cette correction soit mise en œuvre sans tarder, selon les plans d’aménagement votés par les deux parlements en 2016 déjà.
Stopper l’immobilisme et mettre en œuvre le plébiscite populaire en faveur de l’initiative “Pour la protection du climat”
Le 18 juin 2023, les Vaudois∙es adoptaient à près de 63% l’initiative populaire des Vert∙e∙s et des Jeunes Vert∙e∙x∙s “Pour la protection du climat”. Le Conseil d’Etat avait alors annoncé qu’il proposerait une nouvelle loi-cadre pour la durabilité et le climat pour mettre en œuvre ce succès populaire (concomitant avec le succès fédéral sur le même sujet). Mais depuis ? Rien ! Il est pourtant urgent d’agir, ce d’autant plus que le “Plan climat” gouvernemental est actuellement largement insuffisant et à la traine (trop peu de fonds pour tenir les engagements; gouvernance peu claire; manque de transparence; absence d’objectifs contraignants). Les Vert∙e∙s exigent donc du Conseil d’Etat :
- qu’il mette en œuvre, sans tarder, leur initiative avec la nouvelle loi-cadre pour la durabilité et le climat, et qu’il rende compte au Grand Conseil des progrès et du suivi,
- que les personnes morales dans lesquelles l’État et les communes détiennent des participations soient tenues d’élaborer des feuilles de routes de décarbonation pour réorienter les flux financiers, tel que prévu par l’initiative,
- que le Plan climat ait force obligatoire, avec des investissements qui soient à la hauteur de l’enjeu; et une gouvernance améliorée, par exemple par la création d’un conseil scientifique ou consultatif, avec des démarches participatives citoyennes,
- qu’une réserve climatique soit créée pour les grands projets de l’Etat, qui permette d’aider les communes sous forme de prêts (en complément des plans climat communaux (PECC))
- que la biodiversité soit intégrée de manière centrale, avec des mesures telles que l’objectif de 30% de canopée d’ici 2030, par un appui aux administrations communales dans la gestion de ses espaces verts (directives et bonnes pratiques en faveur de la biodiversité), mais surtout par une intégration des objectifs climatiques et environnementaux (LCI fédérale et loi-cadre cantonale) dans le contrôle en légalité des PACOM des communes.
Une stratégie piétonne pour combler cet angle mort en matière de mobilité dans le canton
Les routes monopolisent l’actualité. Mais au-milieu des pro-voitures et des pro-transports publics, la grande oubliée reste encore et toujours la mobilité piétonne. Elle apporte pourtant de nombreux bienfaits, tant pour préserver la planète que pour la santé humaine. Il est donc urgent que le Canton se dote d’une stratégie de mobilité piétonne, et que cet intérêt soit systématiquement pris en compte lors de tout crédit de rénovation routière. En outre, puisque la rentrée scolaire aura lieu dans moins d’une semaine, les Vert∙e∙s demandent un plan de mobilité pour les étudiant∙e∙s et apprenti∙e∙s, qui identifie les itinéraires privilégiés et les points noirs à corriger dans les voies d’accès aux établissements de formation. Pour que se rendre à son lieu de formation ne soit plus synonyme d’insécurité.