Lutte contre le bostryche : quelles actions du Conseil d’Etat ?
Simple question
L’été qui s’annonce pourrait à nouveau être marqué par de nouvelles périodes de sécheresse avec ses usuelles attaques de bostryches. Quelles actions le canton prévoit-il pour protéger la forêt ?
Rebecca Joly
Députée, Ouest lausannoisRéponse du Conseil d’Etat
• La phase de pullulation de bostryches typographes actuelle a débuté en 2018 à la suite de dégâts de tempêtes
et de l’été caniculaire et sec. Après une culmination en 2020, le volume de bois endommagé par le bostryche
est en diminution. La situation reste toutefois critique et de nouvelles périodes de sécheresse combinées à des
températures élevées pourraient à nouveau affaiblir les épicéas et dynamiser les populations de bostryches.
• La stratégie du Canton visant à endiguer la propagation du bostryche afin de préserver les fonctions de la
forêt est basée sur la surveillance et l’exploitation des foyers, la préservation de ses ennemis naturels et, à
plus long terme, l’adaptation des forêts au changement climatique :
- Le Canton a mis en place en 2018 une veille phytosanitaire (toujours en vigueur) pour appuyer les
gardes forestiers. Celle-ci vise à détecter de façon précoce l’apparition de nouveaux foyers de bostryches
afin de pouvoir intervenir rapidement et efficacement. - Dans le cadre de la convention-programme Forêt, le Canton et la Confédération soutiennent au moyen
d’aides publiques les propriétaires forestiers pour lutter activement contre la prolifération des foyers de
bostryches dans les secteurs jugés prioritaires, notamment les forêts de protection contre les dangers
naturels et les forêts de production de bois avec des proportions importantes d’épicéa. - La directive du Canton précise que ces aides publiques ne sont toutefois allouées que pour éliminer les
épicéas dans lesquels la présence de bostryches est encore avérée. Les épicéas dépéris dans lesquels ne
se trouvent plus de bostryches vivants doivent être laissés en place afin de ne pas éliminer ses ennemis
naturels qui vivent aussi sous l’écorce. En effet, plusieurs centaines d’espèces de prédateurs (coléop-
tères, acariens, etc.) ou pathogènes (p.ex. des champignons) s’attaquent au bostryche et contribuent à
prévenir sa pullulation et ainsi limiter la taille de ses populations. Les ennemis naturels du bostryche
ont généralement des cycles de développement plus long que ce dernier. Un abattage et un écorçage des
épicéas desquels les bostryches se sont déjà envolés seraient donc contreproductifs puisque seuls ses
antagonistes seraient éliminés. - Un des axes de l’adaptation des forêts aux changements climatiques est la promotion d’essences mieux
adaptées au changement climatique, et en principe moins vulnérables face aux ravageurs favorisés par
les périodes de sécheresse et de canicule. Cette adaptation est soutenue par le biais du plan climat et fait
partie des orientations stratégiques de la politique forestière 2040 (PolFor2040), adoptée récemment par
le Conseil d’Etat. Cette adaptation conduira peu à peu à une diminution des proportions d’épicéas, no-
tamment à basse altitude, et donc des dégâts dus aux bostryches.