Postulat – Pour la mise à disposition de locaux sur l’ancien site de l’hôpital à des fins d’accueil d’urgence pour femmes et membres de la communauté LGBTIQ+
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Il y a un peu plus d’un an, j’ai lu un article dans le journal FEMINA (01 février 2021)1 qui traitait de l’accueil d’urgence des femmes sans abri en Suisse romande. Il y était relaté qu’il est compliqué pour les services sociaux et associations qui gèrent ces endroits d’établir une statistique précise de cette population dans nos différents cantons. Officiellement, elles sont entre 10 et 15% bien que par des recoupements, Cyril Maillefer de Caritas pense qu’elles sont plutôt 30 à 40% des sans-abri. Ces femmes ont recours à d’autres façons de s’abriter comme les halls d’hôpitaux ou des hôtels, les sous-sols d’immeubles ou la prostitution dans le cas le plus dramatique (une nuit contre un lit et à manger), ces solutions étant parfois plus sûres que de fréquenter un accueil d’urgence tenu par l’Etat ou une association où la violence et le vol sont courants malgré la présence de personnel de veille. La situation est la même pour les membres de la communauté LGBTIQ+.
Ces accueils d’urgences mixtes sont actuellement au nombre de quatre sur le territoire vaudois (Vevey, Lausanne, Yverdon et Nyon). Ils offrent 140 lits environ avec des règles d’accueil stricts. Que vous le sachiez, ce n’est pas gratuit. Quelques francs sont demandés pour y séjourner, se laver et manger. Chacun·e est invité·e à participer aux tâches ménagères et au repas pour un peu de socialisation. Un premier refuge destiné uniquement aux femmes a ouvert en automne du côté de Renens ? mais cela ne suffit pas car il n’est pas possible d’y revenir plus que tant de jours.
Pourquoi à Montreux, me direz-vous ? depuis environ 2 siècles et demi, notre commune se positionne comme une terre d’accueil où il fait bon vivre, merci à Messieurs Rousseau et autres Byron qui nous ont placé sur le Grand Tour… De plus, nous sommes propriétaire d’un ancien hôpital qui est actuellement occupé par des réfugiés ukrainiens pour lesquels l’EVAM au travers de subventions cantonales vient d’investir de gros montants pour adapter les locaux à cette fin. Ne pourrions-nous pas à terme partager un peu de ce lieu avec l’une des associations ou fondations qui gèrent ces structures dans le Canton (Caritas, L’Armée du salut ou autre) ?
Ces femmes, ces hommes ou X n’ont pas besoin de nos palaces mais bien d’un lieu sécurisé où iels puissent se reposer et trouver un peu de répit dans cette vie sans attaches qu’est la leur. Iels seraient heureux·euses de profiter de cet endroit. Il m’est difficile de penser qu’une personne, qu’elle soit femme, homme, X et/ou de la communauté LGBTIQ+ doive sacrifier son corps avec les traumatismes que cela peut engendrer parce que nous, hommes, femmes et X politiques ne prenons pas la mesure de cette situation.
Je vous propose donc de soutenir ce postulat afin qu’il soit renvoyé à une commission pour étude et rapport. Merci
de votre attention.
Mme Béatrice Tisserand / 18 mai 2022