Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Chaque année au mois de juin, les terrasses du Montreux Jazz émergent des flots le long des quais. Pendant le festival, certaines se transforment le soir venu en boîtes de nuit. L’année passée, il s’agissait des terrasses « Ipanema » et « ibis MUSIC », situées devant le 2m2c. N’étant pas cloisonnées, les fumeurs y sont les bienvenus. La terrasse « Ipanema » proposait même à son entrée un distributeur de cigarettes et, lors de certaines soirées, des
ambassadrices de la marque VELO distribuaient gratuitement aux noctambules des sachets de nicotine, mieux
connus sous le nom de « snus ».

Au-delà des questions d’éthique et de santé publique qui peuvent se poser quant à ce marketing excessif, j’aimerais ici m’arrêter sur les conséquences écologiques de la consommation de produits tabagiques aux abords de l’eau. En effet, j’ai pu observer nombre de festivaliers jeter leurs mégots ou snus directement dans le lac, en toute impunité.

Quantité d’autres déchets jonchant le sol ont eux aussi inévitablement fini à l’eau. J’ai contacté par écrit les organisateurs du Montreux Jazz Festival (MJF) à ce sujet. Leur réponse peut se résumer ainsi : le personnel des bars est sensibilisé à la problématique des mégots jetés à l’eau, des poubelles et cendriers se trouvent sur chaque terrasse et les fumeurs se voient distribués des cendriers portatifs. Concernant les nettoyages à la fin du festival, les déchets aux alentours des terrasses sont ramassés à la main et une journée est organisée avec des plongeurs début août pour nettoyer le lac aux abords des terrasses.

À mon avis, les mesures actuelles mises en place par le MJF pour endiguer le problème à la source ne sont clairement pas suffisantes. Je déplore également que la journée avec les plongeurs ait lieu plus de deux semaines
après le dernier jour des festivités. Les mégots ont ainsi déjà eu le temps de polluer des milliers de mètres cube
d’eau.

J’adresse donc à la Municipalité les questions suivantes :

  • La Municipalité a-t-elle connaissance de cette situation problématique ? Si oui, a-t-elle entamé un dialogue avec les organisateurs du MJF ? Si non, compte-t-elle le faire ?
  • Quels sont les moyens d’action de la Municipalité pour empêcher une telle pollution du lac pendant le festival ?
  • Peut-elle imposer des conditions contraignantes à l’installation de ces terrasses lacustres, comme par exemple la mise en place de cloisons ou filets côté lac ?
  • Lors du démontage du festival, la voirie intervient-elle dans l’élimination des déchets et le nettoyage des terrasses et de leurs alentours ? Si oui, le MJF paie-t-il pour ces services ?
  • Je remercie par avance la Municipalité pour ses réponses.

M. Florian Manzini / 10 mai 2023