Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Municipaux,
Chères et chers collègues,

En septembre 2025, des analyses des eaux du Lac Léman ont révélé des concentrations de 1,2,4-triazole jusqu’à 7x supérieures à la limite légale. On estime que 63 tonnes de triazole polluent les eaux du Léman.

L’entreprise Syngenta à Monthey, qui est à l’origine de cette pollution, a déversé pendant des décennies des eaux usées contenant le 1,2,4-triazole dans le Rhône. Le composé est utilisé dans la fabrication de plusieurs produits phytosanitaires, dont les procédés de fabrication ont été déclarés confidentiels par Syngenta.
A l’heure actuelle, Syngenta ne déverse plus de triazole dans le Rhône, mais comme ce composé est très stable, une diminution significative de la concentration actuelle dans notre lac ne surviendra pas avant de nombreuses années.

Les autorités se veulent rassurantes quant à la toxicité pour l’homme des concentrations de 1,2,4-triazole mesurées. Par contre, peu est connue sur l’interaction potentielle avec d’autres micropolluants et les experts sont préoccupés, car ces « cocktails chimiques » sont peu étudiés et peuvent avoir des conséquences sur la santé et sur l’écosystème du lac.

Selon les informations publiées par le SIGE (réponse à l’interpellation de septembre 2025 et communication de décembre 2025), il n’y a pas de méthode de filtration ou purification actuellement à disposition capable de fournir une eau potable du lac qui est dans les normes, c’est-à-dire qui contient <0.1 mcg 1,2,4-triazole/l. Les concentrations, après le processus de purification actuel, restent quasi inchangées.

Les résultats analytiques du SIGE ont confirmé que la concentration de 1,2,4-triazole dans l’eau potable distribuée dépend principalement de la proportion d’eau traitée par rapport à celle provenant des sources.
Dans le but de désigner le responsable de la pollution et de faire valoir le principe du pollueur-payeur concernant les coûts potentiels d’assainissements futurs, le Service de l’eau de la Ville de Lausanne s’est joint au Canton de Valais en participant à la démarche juridique contre Syngenta. Il faut souligner que la Ville de Lausanne représente une longue liste d’autres communes vaudoises et, parmi elles, les communes du SIGE. Comme nous l’avons appris récemment par la presse, Syngenta et CIMO ont fait recours contre la Commune de Lausanne et sa participation à la procédure administrative valaisanne. Donc, la Ville de Lausanne au nom de ses partenaires n’aura pas accès aux documents confidentiels de Syngenta et est formellement exclue de la participation à la procédure administrative.

Préoccupée par la protection de l’eau, de la biodiversité, de notre santé et des coûts potentiels pour la collectivité à la suite de la pollution au triazole, je me permets de poser les questions suivantes :

  1. Quel est le pourcentage minimum et maximum d’eau du lac par rapport à l’eau de source, dans l’eau potable distribuée dans notre commune ?
  2. Est-ce que c’est correct que même avec <20% d’eau du lac dans l’eau potable, nous dépassons à Montreux également les limites légales pour l’1,2,4-triazole ?
  3. Quels sont les coûts supplémentaires pour les analyses, études et procédures dans le cadre de la pollution au 1,2,4-triazole pour la Commune de Montreux, respectivement le SIGE depuis septembre 2025 ?
  4. Si le SIGE sera contraint d’investir dans une purification spéciale de l’eau du lac afin de diminuer la pollution avec le triazole dans l’eau potable, dans quelle mesure la commune de Montreux devrait-elle participer financièrement ?
  5. Après le recours de Syngenta contre les Service de l’eau de la Ville de Lausanne, comment notre commune respectivement le SIGE sont-ils juridiquement représentés pour faire valoir le principe du pollueur-payeur et exiger des dédommagements auprès de Syngenta ?

Je remercie la Municipalité d’avance pour ses réponses.

Claudia Hischenhuber / 1er avril 2026