Interpellation – Organiser l’accueil de jour sans désorganiser les famille
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la Municipalité, chères et chers collègues,
Il arrive parfois, dans notre rôle d’élu·e·s de proximité, que des décisions administratives prennent un tout autre visage lorsqu’elles nous sont racontées par celles et ceux qui en subissent les conséquences concrètes. En allant chercher mon fils à l’UAPE le 12 juin dernier, j’ai croisé une maman désemparée, au bord des larmes, qui m’a appris que son enfant ne serait plus accueilli à l’UAPE L’Optimist à la rentrée d’août 2025. Sa détresse n’était pas seulement liée à la difficulté de concilier travail et vie familiale sans solution d’accueil fiable – elle était surtout liée au sentiment d’avoir été mise devant le fait accompli, sans temps suffisant pour s’organiser, ni possibilité d’anticiper sereinement un changement aussi important pour un jeune enfant.
Cette situation n’est malheureusement pas isolée. Plusieurs familles ont reçu la même lettre, à quelques semaines à peine du début des vacances d’été, à un moment où les alternatives sont difficiles à mobiliser. Cette réorganisation de l’accueil collectif, aussi justifiée soit-elle sur le fond, interroge donc profondément sur la forme qu’ont prise sa communication et sa mise en œuvre.
Si la lettre évoque des solutions de remplacement, notamment via l’APEMS ou l’accueil familial de jour, ces options ne peuvent être considérées comme strictement équivalentes à l’accueil en UAPE : ni sur le plan éducatif, ni en termes de stabilité, de structure ou de socialisation pour les enfants concernés. Cela accentue le désarroi des familles, et leur laisse une impression d’improvisation plutôt que de continuité dans l’accompagnement.
Au-delà de la détresse individuelle, les conséquences de cette décision risquent, comme trop souvent, de retomber d’abord sur les mères, encore largement en charge de l’organisation familiale. Tout en reconnaissant les contraintes réelles de la planification des structures d’accueil – normes cantonales, pénurie de locaux, dynamique démographique – je me permets de soumettre à la Municipalité une série de questions, dans un esprit constructif, afin de mieux comprendre le processus de décision, les critères appliqués et les perspectives d’avenir dans ce domaine fondamental pour la vie des familles montreusiennes.
- Depuis quand la Municipalité ou le REME était-elle au courant du risque de pénurie de places pour la rentrée 2025 ?
- Pourquoi les familles ont-elles été informées aussi tardivement, alors qu’un tel changement aurait pu être mieux accompagné avec un délai plus raisonnable ?
- Quels sont précisément les critères d’attribution ou de retrait de place qui ont été utilisés pour déterminer quels enfants pouvaient rester et lesquels devaient quitter l’UAPE ?
- Quelles mesures concrètes sont actuellement planifiées pour faire face à la demande croissante d’accueil de jour, à Montreux comme dans le réseau REME en général ?
- Des pistes sont-elles envisagées pour créer de nouvelles places d’accueil (locaux temporaires, partenariats publics-privés, optimisation des infrastructures existantes) ?
Comme déjà évoqué, l’objectif n’est pas de blâmer, mais de mieux comprendre pour mieux agir ensemble dans le but de créer une politique d’accueil de jour cohérente et ambitieuse qui peut devenir un levier stratégique pour renforcer l’attractivité de notre commune : Dans un contexte de stagnation des recettes fiscales, offrir des solutions d’accueil de qualité peut inciter de nouveaux ménages, notamment bi-actifs, à s’installer durablement à Montreux.
Je remercie la Municipalité pour ses réponses et pour son engagement sur un dossier aussi sensible que crucial pour l’égalité des chances, la qualité de vie des familles et le développement équilibré de notre commune.
M. Romain Moracchini-Villard / 3 septembre 2025