Les Vert·e·s de la Côte ne soutiendront pas le référendum qui s’oppose à la décision du Conseil Intercommunal de Région de Nyon le 30 octobre 2024 d’octroyer un crédit de CHF 2.6 millions pour finaliser le bâtiment d’accueil des Dappes et permettre la restructuration quatre saisons de Télé-Dôle SA. Si les Vert·e·s de la Côte partagent en partie les inquiétudes exprimées par les référendaires, ils préconisent une approche constructive tournée vers l’avenir permettant de s’adapter au mieux aux changements climatiques. Le massif de la Dôle est dans une période de transition et il faut dès à présent préparer l’ «après-ski» !

Les mises en garde des Vert·e·s sur le développement des infrastructures sur le massif de la Dôle ne datent pas d’hier. Conscients depuis des décennies que le réchauffement climatique allait sonner le glas du ski entre 1000 et 1800 mètres à relativement court terme, les Vert·e·s ont clairement appelé à la plus grande prudence depuis le début du siècle, que ce soit sur la construction du nouveau télésiège des Dappes ou du bâtiment d’accueil appelé « Lapin Blanc ».

Au demeurant, tous les scénarios des météorologues le confirment : les hivers blancs d’antan sont voués à disparaître. Cela n’est guère surprenant puisqu’avec la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement planétaire sera de 3 à 5 degrés d’ici la fin du siècle, alors qu’il faudrait le contenir aux alentours de 1.5 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. De plus, la Suisse se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale.

Le virage aurait dû être amorcé il y a une vingtaine d’années pour développer un autre modèle de loisirs sur le massif de la Dôle. Cela n’a pas été fait et les Vert·e·s déplorent les investissements consentis et la gestion des activités orientées presqu’exclusivement vers le ski alpin sur ce massif. Si l’échec des options prises depuis vingt ans est cuisant, il s’agit aujourd’hui de construire l’avenir.

Mettre la clé sous la porte comme le suggèrent à mots à peine voilés les référendaires n’est pas lasolution : cela entraînera inexorablement la faillite de Télé-Dôle, avec à la clé des installations et un chantier à l’abandon, et aura des répercussions financières graves sur Région de Nyon, actionnaire très largement majoritaire de Télé-Dôle.

Construire l’avenir, c’est ce que propose le Préavis soumis au Conseil Intercommunal de Région de Nyon, lequel a été accepté à la quasi-unanimité à l’issue de la séance du 30 octobre 2024 : terminer la construction du bâtiment d’accueil, restructurer le domaine en démantelant plusieurs remontées, maintenir les installations restantes et entamer une stratégie quatre saisons sur le Massif avec les parties prenantes.

Le soutien des Vert·e·s à ce Préavis ne signifie pas un blanc-seing confié au CODIR de Région de Nyon et certaines propositions pourraient faire l’objet d’une réflexion plus aboutie. A titre d’exemple, les Vert·e·s estiment qu’il conviendrait de repenser la destination du bâtiment du Lapin Blanc avant de faire des aménagements intérieurs coûteux qui ne correspondront peut-être pas aux besoins futurs de la stratégie quatre saisons.

Les Vert·e·s resteront par ailleurs particulièrement attentifs à ce que cette stratégie quatre saisons se traduise par des projets respectant la richesse environnementale du massif, lequel figure à l’inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale IFP.

S’agissant du modèle économique, il est essentiel que la stratégie quatre saisons fasse l’objet d’un suivi financier et calendaire rigoureux. A cet égard, les Vert·e·s soutiennent le postulat « Pour le développement d’une stratégie concrète à l’horizon 2040 sur le massif de la Dôle » déposé par des membres de la COFIN et très largement soutenu lors du Conseil Intercommunal du 30 octobre 2024. 

Le défi est de taille pour l’avenir du massif de la Dôle mais il convient de le relever ensemble, afin de répondre au mieux aux changements climatiques et de maintenir un pôle de loisirs sur ce massif emblématique, dans le respect de la nature de ce lieu.