Environnement et transparence : deux interpellations pour clore la législature
Biotope de la Magnenette : qui surveille ?
En décembre 2024, le Conseil communal a accepté la vente de la parcelle n° 2102 au chemin de la Magnenette, qui abrite un biotope protégé d’intérêt local. Lors des débats, notre groupe avait demandé si des mesures de suivi étaient prévues avant, pendant et après le chantier. Le municipal en charge avait répondu par la négative, précisant qu’une charge foncière serait inscrite dans l’acte de vente. À notre proposition d’amendement demandant un suivi indépendant, la Syndique avait répondu que « la parcelle ne va pas être vendue à un voyou » et qu’on pouvait « lui faire confiance ».
Or la loi cantonale est claire : c’est la Commune qui doit surveiller les biotopes d’importance locale (art. 25 al. 2 RLPrPNP). Le dossier de mise à l’enquête du permis de construire, déposé en janvier 2026, prévoit bien un suivi écologique — mais celui-ci est mandaté et financé par le promoteur lui-même. C’est une bonne chose, mais cela ne dispense pas la Commune d’exercer sa propre responsabilité.
Notre interpellation pose cinq questions à la Municipalité : comment exercera-t-elle sa surveillance pendant et après le chantier ? Recevra-t-elle les rapports du biologiste mandaté par le promoteur ? Comment assurera-t-elle le suivi à long terme de l’entretien du biotope ? Une garantie financière est-elle prévue ?
Orbanistique! : une démarche participative dévoyée ?
La démarche participative Orbanistique! a été lancée en réponse à un postulat des Vert·e·s de 2020 qui demandait la piétonnisation temporaire de la Grand-Rue. Ses objectifs affichés étaient ambitieux : rendre l’espace public plus accueillant pour les piétons, augmenter l’attractivité de la vieille ville, renforcer l’attachement aux commerces de proximité.
Un mandat a été confié à l’Atelier OLGa, trois phases de tests ont été mises en œuvre, des centaines d’heures de participation citoyenne ont été investies. Mais le mandataire a été écarté — le rapport de gestion indique qu’il « n’avait pas su s’adapter » — et ses recommandations mises de côté. À la place, la Municipalité a négocié directement avec un groupement de commerçants du centre-ville. Résultat final : 10 places de parking supplémentaires et un sens unique. Ce qui devait être une démarche participative ouverte s’est mué en application des demandes d’un seul acteur.
Notre interpellation demande des réponses sur les coûts réels de cette démarche et sur le processus décisionnel. Quelles étaient les recommandations d’OLGa, et pour quelles raisons ont-elles été écartées ? La piétonnisation temporaire — objet du postulat initial — a-t-elle seulement été étudiée ? Des indicateurs avaient-ils été définis pour mesurer l’atteinte des objectifs ? Nous voulons aussi savoir pourquoi le rapport d’OLGa reste inaccessible : la commission de gestion a demandé à le consulter, la Municipalité a refusé en invoquant des « données sensibles ». Quelles données ? Et pourquoi ne pas rendre publique une version expurgée ?
Transparence et protection de l’environnement : un fil rouge
Ces deux interpellations illustrent les combats que nous menons depuis cinq ans au Conseil communal. D’un côté, s’assurer que la Commune assume ses responsabilités légales en matière de protection de la nature. De l’autre, exiger de la transparence sur l’utilisation des deniers publics et sur les processus de décision. Dans les deux cas, la Municipalité devra répondre par écrit. Nous espérons pouvoir continuer à suivre ces dossiers dans la prochaine législature et à défendre, au Conseil, une vision d’Orbe où la protection de l’environnement et la transparence ne sont pas des options.