Le succès dans les urnes de la loi sur l’énergie est une bonne nouvelle pour l’environnement. Notre pays semble désormais sur les rails de la transition énergétique, et nous ne pouvons que nous en réjouir. Cette victoire est pourtant le pylône électrique qui cache la forêt bostrychée d’une nature qui ne se porte pas bien dans notre pays.

Les chiffres sont connus, mais il vaut la peine de les rappeler ici: un tiers des espèces animales et végétales en Suisse sont menacées, et plusieurs ont déjà disparu, victimes d’activités humaines toujours plus envahissantes. Un peu plus de 7500 km2 (soit quand même deux fois et demi la surface du canton de Vaud) de milieux naturels ont disparu depuis le début du XXe siècle, et un tiers des cours d’eau dans notre pays ne sont plus en mesure d’offrir un environnement adéquat pour les plantes et les animaux.

Malgré ces constats pour le moins alarmants, les attaques contre la biodiversité se sont accélérées ces derniers temps, avec une partie de la classe politique qui semble avoir déclaré la guerre à la nature. L’ordonnance sur la chasse est ainsi en train d’être révisée – ce alors même que le peuple s’était clairement prononcé contre tout assouplissement en 2020 – afin de faciliter le tir d’espèces protégées comme le loup ou le castor, et le droit de recours des associations environnementales est victime d’une énième agression au parlement.

Bien sûr, le tableau n’est pas que noir, et de jolies initiatives, notamment dans les milieux agricoles, ont vu le jour dernièrement pour redonner un peu de place à la nature.

Le temps est cependant venu d’aller plus vite et plus loin, et l’initiative «Pour la biodiversité» lancée par Pro Natura et d’autres ONG environnementales, sur laquelle nous allons voter le 22 septembre prochain, amène un bol d’air indispensable à l’environnement.

Concrètement, le texte demande que la Confédération et les cantons mettent à disposition les surfaces, les ressources et les instruments nécessaires à la sauvegarde et au renforcement de la biodiversité. C’est à peine plus de 1% du budget de la Confédération qui est aujourd’hui dédié à des politiques en faveur de la biodiversité, ce qui est totalement insuffisant.

Se retrousser les manches

Il n’est pas question de pointer du doigt tel ou tel groupe, ou de philosopher longuement sur les causes et les responsables de cette baisse vertigineuse de la biodiversité que nous avons vécue ces dernières décennies. Il s’agit simplement de se retrousser toutes et tous les manches, et d’inverser cette tendance, dans notre intérêt comme dans celui des générations futures.

Glisser un grand oui dans les urnes le 22 septembre prochain constituera un premier pas pour le moins encourageant dans cette direction, pour que nos enfants et petits-enfants puissent continuer à s’émerveiller devant le vol d’un papillon ou la beauté d’une orchidée sauvage.

Réflexion publiée dans la rubrique « Opinions » du le 24 Heures du 24 juin 2024